Sultanats Historiques des Comores

 

Montée de marche vers la citadelle de Mutsamudu-Anjouan

 

Les données archéologiques font remonter au VIII ème siècle le peuplement des Comores par l'homme, à partir de la côte orientale d'Afrique. Cependant l'histoire reste mal connue jusqu'au XIIIème siècle, où des shirazi, venus vraisemblablement de Kilwa, s'allièrent aux autochtones par des mariages et fondent des clans de sultanats et dominèrent les chefferies traditionnelles.

 

Le patrimoine culturel immobilier comorien est constitué notamment de sites archéologiques du XIIIème et XVIème siècle, pour les plus connus, de palais royaux, d'édifices religieux, de fortifications et de places publiques. Ces dernières, bien qu'elles existent également à Anjouan, diffèrent par leur conception architecturale de ceux de Ngazidja, lesquelles l'accès se fait par deux portes monumentales en maçonnerie, décoré de symboles. Iconi et Itsandra Mdjini sont les villes qui détiennent le plus de bangwe et de portes monumentales.

 

Les cinq villes présentées ici, certes de tailles sensiblement différentes, présentent le même ensemble architectural intérieur et extérieur dans leur espace bâtis, de ruelles étroites, de portes sculptées, de mosquées, de palais, de murailles de défense, de mausolées et d'espaces publiques. Elles ont été, aux mêmes époques de l'histoire des sultanats, reliés par des liens sociaux et familiaux ou séparés par des petites guerres internes de pouvoir.

 

Description  de la Médina de Mutsamudu (élément 1)

 

Mutsamudu, petite cité maritime du XIVème siècle,  est une ville très condensée, avec des ruelles très étroites et parfois couvertes. La vieille ville ou Médina comprend un ensemble de bâtiments d'habitation et de commerce, des palais princiers, des lieux de culte et des tombeaux de personnages politiques ou religieux. Cet ensemble est structuré par des ensembles de ruelles très étroites, généralement parallèles au rivage, reliées par des escaliers perpendiculaires. Les édifices ont subi diverses modifications, depuis leurs établissements à partir de XIVème siècle. Les palais dont celui de Ujumbé, réunissent toutes les caractéristiques architecturales traditionnelles. Les murailles qui protégeaient la ville contre les incursions n'existent qu'en quelques endroits.

 

La vieille ville de Mutsamudu possède une citadelle construire de 1782 à 1789 sur la colline de Sinéjou qui domine la ville. Cette forteresse est entourée d'une muraille crénelée et percée  de meurtrière flanquée d'un donjon de deux tours carrées qui selon Gevrey (1867) était surmonté d'un mât de pavillon. A proximité du Fort, dominant la ville s'élève une petite chapelle catholique de style hispanique. Une série d'escaliers de 280 marches relient la citadelle au palais.

Description  de la Médina de Domoni (élément 2)

 

Domoni est l'un des villages ancestraux du XIIème siècle. Elle possède encore des vieilles demeures princières d'une extraordinaire beauté. Un palais construit vers le XIIIème siècle est assez bien conservé. D'autres palais, dont trois du XVIème siècle, ont gardé leurs magnifiques panneaux à niches et leurs plafonds polychromes. Les murailles de défense subsistent encore un peu partout autour de la ville et recoupent la presqu'île qui protège le port.

 

Description  de la Médina d'Itsandra (élément 3)

 

 

Itsandra Mdjini est l'une des petites cités maritimes du XIVème siècle. Berceau de la civilisation swahilie, elle fut longtemps la capitale de Ngazidja et était dotée du premier port maritime. Cette ville regorge aujourd'hui de plusieurs attraits historiques et touristiques : une forteresse construit au XVIIème, reliée à la ville par une allée munie d'escaliers et bordée de part et d'autre d'une muraille de 130 mètres de long. Quelques morceaux de remparts qui entouraient la ville fortifiée, parsemés de trous d'observation, restent toujours visibles. On y trouve le Chingo nyamba, maison à toiture sous forme de carapace de tortue, du XIIIème ; la maison du Saint, Al Habib Omar Bin Sumet et plusieurs mosquées qui s'étalent du XIVème au XIXème siècle.

 

La ville possède également plusieurs places publiques, du XVIIème  et du XVIIIème siècle, entourées de portes monumentales et de bancs en maçonneries.

 

Description  de la Médina d'Iconi (élément 4)

 

Un des villages ancestraux du XIIème siècle, Iconi fut, bien avant la ville d'Itsandra, la capitale de l'île. Les ruines du palais des sultans de Bambao se dressent encore à cinq mètres de la mer. Sur le sommet de la colline se dressent encore les murs d'enceinte où se réfugiaient les habitants en cas de guerre. La ville regorge de ruines d'anciens palais et de places publiques bordées de portes monumentales très décorées.

 

Description  de la Médina de Moroni (élément 5)

 

Moroni, crée au XIVème siècle, est resté la capitale des temps modernes. La ville a perdu certains de ses monuments, transformés pour l'administration ou complètement rasés pour faire place à des nouvelles constructions pendant la période coloniale. Néanmoins, on trouve encore d'anciens palais, bien que toujours habités par des descendants de familles royales, qui ont pu gardé un certain cachet de l'époque des sultans. Dans le noyau central, la médina, les vieilles maisons de deux, de trois ou de quatre niveaux, sont collées les unes aux autres, ne laissant que des petites ruelles d'à peine un mètre, parfois couvertes. Plusieurs demeures gardent encore leurs belles portes sculptées en relief et les dalles de plaques de lave reliées au mortier de chaux, posées sur des poutrelles en bois décorées. Les vieilles mosquées, souvent de petites tailles, se comptent par dizaines, dans la médina. La  mosquée de  Vendredi, dont le mihrab porte la date de 880H/14/26, a subi de nombreuses modifications et des additions par adjonctions de salles accolées dans le sens de la largeur. La partie ancienne est reconnaissable par les poutres peintes de son plafond et par les colonnes polygonales.

 

L'ensemble constitué par la mosquée de vendredi et le port aux boutres constitue un exemple très caractéristique de la vie insulaire des Comores.

 

 

WHC